Gelée de pissenlit de Vero Ferreira de Matos

Dans une bassine en cuivre, le mélange de fleurs, eau, citron et orange macère durant une nuit © Vero Ferreira de Matos 

Véronique dite Vero, est originaire de Steinbourg.  Son nom de jeune fille est Held.

Ferreira de Matos est le nom de son époux, Vitor, qui est portugais. Sa belle-famille habite toujours à Abrantes, au centre de Portugal.  Vero et Vitor  habitent en Haute-Savoie depuis 2016 et rêvent de vivre au Portugal lorsque la retraite sera venue.

Après 45 minutes de cuisson, on passe l’ensemble au chinois © Vero Ferreira de Matos 

Elle explique comment lui vint sa  passion pour la cuisine :
J’étais “Auxiliaire de vie sociale DE “. Une maladie (la fibromyalgie) m’a empoisonné la vie. Elle fait partie de moi depuis quelques années, je l’appelle mon ” boulet” et je refuse qu’elle dirige ma Vie, donc chaque jour je me mets des défis pour aller au-delà des douleurs.  Ce n’est pas possible tous les jours, mais, en principe, je lui fais des pieds de nez en me surpassant. Il y a deux ans par exemple,  je me suis lancée un défi hors norme :  j’ai accepté de participer au marché de Noël local en réalisant plus de de 6000 Bredle (des petits gâteaux). Cela me paraissait irréalisable.  J’ai réussi ! Ce fut un beau pied-de- nez à mon “boulet”. Pour oublier mes douleurs intenses, je cuisine, je pâtisse et je me bats depuis des années  (à titre privé et modestement) pour préserver les vieilles recettes, spécialement celles de ma si belle région,  l’Alsace,  où j’ai grandi. J’ai  aussi glané d’anciennes recettes chez des personnes âgées dont je m’occupais à leur domicile.

Une couleur ambre bien engageante © Vero Ferreira de Matos 

Etant en invalidité et ne pouvant plus assurer le quotidien parfois très physique de son métier, Vero a créé un groupe de cuisine Facebook pour apprendre aux membres du groupe à retrouver le plaisir et le goût du fait maison. Ce groupe eut un grand succès, réunissant 10 000 adhérents, il est aujourd’hui fermé. Elle continue à partager ses recettes sur sa Page Facebook.

Chez moi tout est fait maison, précise Vero. Je passe aussi énormément de temps à me documenter sur tous les produits que j’utilise ou que j’apprends à connaître. J’aime savoir d’où viennent les produits, comment ils poussent, de quels pays  ils viennent, comment ils sont utilisés etc. C’est une passion sans fin. Je suis une passionnée très curieuse de tout.

Lorsque le pissenlit illumine les prairies de son jaune or, Vero Ferreira de Matos se réjouit chaque année pour la gelée  de pissenlit qu’elle en fera.

Vero ne voudrait surtout pas passer à côté de cette aubaine qui enjolive ses petits déjeuners. Cette gelée de pissenlit ou “cramaillote” est un délice sur les tartines. Elle accompagne fort agréablement le foie gras (froid ou chaud) : il suffit de poser un cordon de ce miel autour de lui.

Cette gelée peut être un peu liquide, c’est pour cela qu’on l’appelle miel de pissenlit, précise Vero.

pour 1/2 l de miel de pissenlit

  • 365 fleurs de pissenlits (sans la partie verte, notamment le sépale qui constitue la “couronne” sous la fleur)
  • 1, 25 litre d’eau
  • le jus d’1 citron
  • le jus d’1 orange
  • 1 citron coupé en quartiers
  • 1 orange coupée en quartiers
  • environ 1 kg de sucre environ : il faut le même poids de sucre que le liquide récupéré (notez que le gel sucre spécial confiture facilite les chose

Pour la cueillette : il faut cueillir les fleurs de pissenlit (juste les têtes ) en plein après midi pour qu’elles soient bien ouvertes. Lavez les fleurs rapidement  à la souchette sans les tremper pour ne pas les abîmer, puis égouttez-les.

Ensuite vient une partie à faire qui est un peu longue : il faudrait enlever toutes les parties vertes des fleurs pour ne garder que les pétales. Mais il faut le faire de suite en rentrant car les fleurs se referment et là, plus moyen plus moyen d’enlever les pétales. Mais Vero a réalisé qu’en enlevant la tige au plus court, la confiture sera tout aussi bonne, même s’il reste quelques parties vertes. Cela ne change absolument rien au goût, dit-elle.

Versez l’eau dans une casserole ou dans une bassine en cuivre. Pressez l’orange et le citron, passez le jus à travers un chinois puis ajoutez ce jus dans l’eau. Ajoutez ensuite toutes les fleurs de pissenlit,  ainsi que l’orange et le citron coupés en quartiers et portez à ébullition, tout en remuant, pendant environ 45 mn. Couvrez d’un torchon et laissez refroidir et reposer toute une nuit.

Le miel de pissenlit photographié en gros plan © Véro Ferreira de Matos 

Le lendemain matin, passez le tout dans un chinois (voyez la photo) et laissez égoutter, puis pressez  fleurs longuement afin d’en extraire tout le jus restant.

Pesez le jus récupéré et ajoutez autant de sucre. Portez à ébullition tout en écumant régulièrement afin d’obtenir une confiture translucide au final. Lorsqu’il ne se formera plus de mousse blanche, laissez cuire à petits bouillons pendant environ 45 mn.
Versez cette préparation immédiatement dans des pots bien propres, vissez le couvercle. Renversez les pots jusqu’à refroidissement.

Ensuite, il suffit de se régaler avec cette manne que la nature nous permet d’avoir à foison. J’offre la gelée de pissenlit à  mes trois enfants et cinq petits-enfants, dit Vero, ajoutant : J’ai la même passion que notre belle alsacienne, Christine Ferber,  pour faire les gelées et confitures.  J’ai toujours dit que,  les yeux fermés, en goûtant une gelée et confiture, on doit reconnaître de suite le fruit. Je mets un point d’honneur à cela : obtenir beaucoup de goût avec beaucoup moins de sucre. Je n’utilise que 750 grammes de sucre pour tous fruits.

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Simone Morgenthaler © 2015

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