Rose de Noël

Il y a trois jours, la fleur était encore fermée et puis le radoucissement de ce mois de décembre 2019 l’a fait épanouir à grande vitesse.

Voici ma princesse des neiges, la fleur qui s’appelle “rose de Noël”, alors qu’elle ne ressemble en rien à la rose et qu’elle ne fait pas partie de sa famille mais de celle des Helleborus.

On la désigne sous le terme hellébore en lui ajoutant l’adjectif “noire” alors qu’elle est blanche. Comment s’y retrouver ? Il y a de quoi perdre son latin.

La rose de Noël aime le froid. Heureusement que la nature est aussi composée de plantes qui vivent à l’inverse de la majorité, qui deviennent toniques lorsqu’arrive l’hiver, lorsque pour la plupart des végétaux, la sève s’en est allée vers les racines.

La rose de Noël fait partie de ces filles du froid, capables de fleurir sous le gel et sous la neige, comme les perce-neige. Cette année elle n’a pas eu à braver le froid. Elle a juste eu à composer avec des températures printanières et semble s’en accommoder avec aise.

Est-elle consciente de la justesse qu’elle renvoie, avec ses pétales qui sont dans l’exactitude, avec ses étamines jaunes et ses feuilles luisantes au vert profond ? Je n’en changerai pas un millimètre tant je la trouve parfaite.

Ne vous avisez pas à goûter l’hellébore (ou l’ellébore -les deux orthographes sont acceptées-) car la plante est toxique.

Eléin signifie en grec faire périr et bora, signifie aliment meurtrier.

Contentez-vous de la regarder et ressourcez-vous à sa blancheur nivéale.

La rose de Noël apporte de la lumière en ces jours courts, aux nuits si longues.

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Simone Morgenthaler © 2015

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