Armand Bossart Sur un siess

Le cordonnier Armand Bossart invité de Sür un Siess

Grace à Ina.fr, visionnez cette émission de 2007

Armand Bossart Bossart fut mon invité dans la série Sür un siess le 21 avril 2007. Il allait avoir 80 ans et vouait toujours la même passion pour les chaussures. Alors cordonnier à Oberbruck, dans la vallée de la Doller, il y avait créé un petit musée de la chaussure et de la cordonnerie.

Armand Bosshart : l’amour  de la coordonnerie © Ina.fr

A l’âge de 7 ans il secondait son père chaque soir, initié par lui à la cordonnerie. En 1941, il a quitté l’école et dut concilier le travail de cordonnerie avec un emploi de serrurier aux mines de potasse, le temps de seconder sa famille. Cela ne fera qu’attiser son désir d’installer un premier atelier, une petite échoppe qu’il bâtit de ses mains en 1945.

En 2002, il a créé un musée de la chaussure et de la cordonnerie, attenant à son atelier © Ina.fr

En 1949 il commença à travailler à Oberbruck dans une étable qu‘il avait transformée en atelier.  Le 1er janvier 1963 il ouvrit dans l’actuelle maison la cordonnerie et un magasin de chaussures. Depuis Armand Bossart fait tourner sa vie autour des chaussures. Il les réparait, en fabriquait aussi pour le plaisir de travailler le cuir.

Son menu préféré : des filets de perche et une purée citronnée qui lui furent préparés par Hubert Maetz, le chef du Rosenmeer © Ina.fr

En 2002, il a créé le musée de la chaussure et de la cordonnerie, attenant à son atelier. Il y a réuni tout ce qui tourne autour de son métier. On y voit à la fois toutes sortes de chaussures, des bottes, des brodequins, des patins à glace, patins à roulettes, chaussures de ski, chaussures militaires (françaises, allemandes et suisses) ou des chaussures d’un autre temps ou des chaussures qu’il a fabriquées de A à Z (chaussures de randonnée ou chaussures faites avec des jeans récupérés).

Son atelier à Oberbruck dans la vallée de la Doller © Ina.fr

Bricoleur dans l’âme, il récupérait souvent des machines à l’abandon et les démontait entièrement pour les remettre en état. On y voit aussi un banc de finissage qu’il a fabriqué entièrement en 1942. Il l’utilisait pour râper les semelles et brosser les chaussures et il fonctionnait à l’aide d’une… bicyclette.

A la purée citronnée, Hubert a ajouté quelques feuilles d’ail des ours ciselées © Ina.fr

Connu sous le nom de « d’r Bossa Manni », il fut longtemps président du Syndicat d’Initiative et président des artisans et commerçants de la Haute-Vallée et il organisait la fête de l’artisanat ainsi que le marché de la Saint Antoine où l’on trouvait aussi bien des poussins, que des habits ou des aliments.

En saveurs, il m’a révélé son faible pour les filets de perche. Il se souvenait en avoir mangés à Avenches en Suisse romande dans les année 80. Passionné de randonnées, il avait fait ce jour-là le tour du Mont Pourri (un élégant sommet de la Vanoise) et au retour vers l’Alsace, il fit halte dans une auberge où leur fut servi ce délice. Hubert lui ajouta une purée de pommes de terre citronnée. Il lui servit un riesling « les Ecaillers » 1990 de Léon Beyer à Eguisheim (68).

Post scriptum

En publiant ce texte sur ma Page Facebook,  j’appris  par Caroline Poignant-Walter et Elisabeth Pellieux qu’Armand Bossart était décédé le 18 janvier 2014.  J’ai revu ces images avec d’autant plus d’émotion.

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Simone Morgenthaler © 2015

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