Le houx va si bien aux fêtes

Lorsque j’étais petite file, j’aimais surveiller l’arbre à houx à l’approche de l’hiver : je vouais un amour immodéré à ses baies rouges et j’en voulais aux oiseaux qui s’en régalaient et qui le pillaient sans vergogne ! Voir du houx, c’est un bonheur pour les yeux ! Avec ses baies vives et ses feuilles d’un vert vernissé, il compose un tableau resplendissant, à la fois rustique et solennel. Et tant pis si ses feuilles aigües sont piquantes : on le lui pardonnera, car Noël rend indulgent !

Le houx se suffit à lui-même, il décore un lieu sans autres artifices et s’adapte en toutes circonstances. La fleuriste Cathy Ehrhart championne d’Europe en son art et créatrice de Touch’à Fleurs, est totalement ralliée à la cause du houx. Pour une table rustique, elle juge inutile d’ajouter un élément de décor au houx. Il est un décor parfait et complet en soi. Pour une table plus sophistiquée, elle conseille de lui apporter une note solennelle en le vaporisant de peinture dorée : il prendra sur le champ une allure cérémonielle.
Avec cet arbre, vous ne serez pas déçu : il pousse facilement, sauf dans les sols calcaires : là vous aurez beau insister, rien n’y fera. Sinon, il s’épanouit aussi bien à l’ombre qu’au soleil. Son feuillage reste persistant toute l’année. Au mois de mars, il fleurit (de petites fleurs blanches, isolées ou en grappes) , mais pas systématiquement. Et la floraison ne signifie pas qu’il donnera pour décembre ces mignonnes baies luisantes. Il les produit généralement une année sur deux : lorsqu’elles arrivent, elles sont perçues comme un cadeau !
Même lorsqu’il n’a pas de baies, cet arbre reste très ornementale. S’il vous prenait l’envie de planter du houx pour le printemps prochain, prévoyez qu’il grandira à raison de 50 cm par an en moyenne. En 10 ans, il aura atteint 5 à 8 mètres de hauteur. Ses petits fruits rouges appelé drupes apparaissent uniquement sur les variétés femelles. Cependant, la présence de houx mâles est nécessaire à proximité pour assurer la fécondation.
Ses baies aimées des oiseaux sont toxiques pour l’homme mais elles sont prosées par les distillateurs car elles donnent un alcool blanc d’une rare finesse. Mais attention, leur cueillette est interdite ! Il faut s’approvisionner auprès de planteurs. Imaginez les houssaies nécessaires pour distiller ce schnaps, sachant qu’il faut 8 à 10 kg de baies pour obtenir 1 litre d’alcool pur ! Jean-Pierre Conreaux, de la petite distillerie artisanale “Meyblum” à Albé, fut le premier en 1961à réaliser en Alsace de l’alcool de baie de houx. Il l’appréciait pour ses saveurs sauvages, de forêt et de mousse qu’il développe sur le palais et il recommandait de le boire pour accompagner du caviar ou de l’anguille fumée.

Extrait de mon livre Recettes et décors de Noël (La Nuée Bleue)

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Simone Morgenthaler © 2015

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