Un été en Californie

Ce livre est né pour le passage à l’An 2000 au mois de mars, pour l’arrivée du printemps. Il me tenait à cœur de le faire paraître à cette date symbolique.

Et je réalise en cet été 2019 que cela fait vingt ans que je me suis rendue en Californie pour rencontrer les Alsaciens de là-bas et écrire un lire sur eux.

Je me suis toujours passionnée pour les Alsaciens de l’étranger et, où que je me rendais dans le monde, je rapportais des reportages pour la radio, pour les Dernières Nouvelles d’Alsace ou pour le magazine Saisons d’Alsace. J’aime donner la parole à ceux qui quittent leurs racines pour se refaire une nouvelle vie.

Pour trouver trace des 50 Alsaciens qui figurent dans ce livre, j’ai entamé un travail de recherche qui démarra deux ans plus tôt. C’est ce temps qu’il me fallut, à côté de mes activités radio, télé et de presse écrite, pour les dénicher puis me rendre sur place et faire leur connaissance.

Deux années de préparation peuvent sembler long, mais Internet n’était alors pas usité. Il n’existait aucune liste d’Alsaciens répertoriés. Les consulats et les ambassades ne répertorient pas les immigrants sous la désignation « Alsacien » mais sous celle de Français. Il me restait donc à faire un travail de fourmi, à envoyer des courriers, qui souvent au bout de deux mois revenaient car les Américains sont dans la mobilité et déménagent souvent. Une fois qu’un lien était crée, je procédais par téléphone en appelant généralement autour de minuit heure française.

En août 1999, mes cinquante rendez-vous étaient calés et je me suis envolée pour trois semaines. Ce furent des jours de grande intensité car j’avais sous-estimé les distances (la Californie est plus grande que la France). J’ai peu dormi, restant dans le décalage horaire, veillant à mettre mes notes au propre avant d’aller vers les rendez-vous suivants, en cette Amérique mythique de l’Ouest que je découvrais, de San Francisco à Los Angeles, de Hollywood à Las Vegas.

Aventuriers, chefs d’entreprise, viticulteurs, artistes, golden boys, grands cuisiniers ou scientifiques de renom, les Alsaciens de Californie sont des passionnés. J’ai découvert leurs personnalités fortes et attachantes et leurs vies exaltantes, souvent faite de labeur. Pourquoi sont-ils partis ? Comment vivent-ils ? Quelle image gardent-ils de l’Alsace ? Le temps d’un été, ils m’ont fait partager leur vie au cœur du rêve américain.

Au retour, j’ai écrit quotidiennement pendant quatre mois, après ma journée de travail, chaque soir jusqu’à deux heures du matin. Je voulais que le manuscrit soit prêt pour le 31 décembre 1999 afin que je puisse le remettre à l’éditeur pour le nouveau millénaire. J’espérais secrètement que l’éditeur adhérerait à ce manuscrit, décidé sur une intuition toute personnelle. Bernard Reumaux aima le manuscrit et m’annonça qu’il paraîtrait trois mois plus tard.

Martine Kempf me fit la grâce de venir pour le lancement : elle n’avait plus posé les pieds en Alsace depuis 6 ans après les propos désobligeants d’Édith Cresson, alors ministre de l’industrie, qui l’incitèrent à aller vers le Nouveau Monde pour créer une société en Silicone Valley, qu’elle put ouvrir en 15 minutes grâce à l’entremise de Ronald Reagan, alors président des États-Unis.

Marc Haeberlin me fit l’amitié de m’ouvrir l’Auberge de l’Ill à Illhaeusern pour la fête de lancement du livre. J’eus plaisir à réunir les proches de ces Alsaciens de l’étranger et permis ainsi de créer une belle chaîne d’amitié. J’avais notamment tenu à ce que soient réunies les mamans des grands chefs Hubert Keller, Jean-Georges Vongerichten, Jean Joho et Marc Haeberlin. Je n’oublierais jamais les visages rayonnants de ces quatre femmes.

Le livre permit aux familles alsaciennes de ces Alsaciens de Californie de nouer des liens. Par ailleurs, ceux qui figuraient dans le livre ne se connaissaient souvent pas et instaurèrent des rencontres en Californie, souvent autour de petits plats alsaciens. Des Alsaciens emportaient le livre en Californie et se fixaient pour but de passer chez les Alsaciens de Californie figurant dans le livre pour faire leur connaissance et pour faire dédicacer le livre par eux.

Il m’avait fallu une grande dose de courage pour initier ce projet. Il me coûta une énergie colossale. Il me combla par la force d’humanité qu’il instilla et par les riens somptueux, petits et grands, qu’il généra et qui, aujourd’hui encore, me reviennent comme une caresse d’étoile.

Date de parution : Mars 2000
Editeur : La Nuée Bleue

ISBN: 978-2-7165-0521-5
288 pages

Maquette : Massin

Livre broché

Imprimer

Simone Morgenthaler © 2015

Ce site utilise des cookies. Conformément au règlement général sur la protection des données (RGPD), vous avez la possibilité d'acceptez le dépôt de cookies tiers destinés à vous proposer des vidéos, des boutons de partage, des remontées de contenus de plateformes sociales en cliquant sur « accepter » ou en fermant cette fenêtre. Vous pouvez aussi les refuser en cliquant sur « refuser ».

En savoir plus

<\/body>