Zuckersiess Hassenforder à 3 fin Ina

Roger Hassenforder dans « Zuckersiess » avec Ina.fr

« La classe à l’état pur », dixit Félix Lévitan : voici  Hassenforder, le magnifique, ici en 1994, trois décennies après ses exploits sportifs © Ina.fr

 

Roger Hassenforder s’en est allé ce 3 janvier, à l’Epiphanie.
Ce roi alsacien du cyclisme enchanta les foules dans les années 50-60.

Lisez ici le portrait que j’ai écrit de lui, avec des photos extraites de l’émission « Zuckersiess » diffusée sur France 3 Alsace en 1994.
Ci-bas, à la fin du texte, vous trouverez le lien pour visionner l’émission grâce à Ina.fr

C’est une légende du cyclisme ceint d’une grande popularité qui s’en va.

« La classe à l’état pur », disait de lui Félix Lévitan, directeur du Tour de France. Son sens inné du gag et de la répartie en fera l’enfant chéri des foules dans les années 50 et 60, décennie durant laquelle ce Haut-Rhinois a connu de belles victoires.

S’il fut un coureur cycliste brillant et plein de panache, il aura surtout marqué le monde du cyclisme par ses quatre cents coups, ses facéties et son étonnante envie de liberté.

Il était un personnage hors norme, qui refusait toute discipline, qui dénotait par ses blagues et sa nonchalance. Par son sens de l’humour on le comparait à Fernand Raynaud.

La tarte à la rhubarbe, son dessert préféré,  comme durant son enfance à Sausheim © Ina.fr

En revoyant l’émission d’avril 1994 que Ina.fr a rendu accessible, je me suis souvenue de ma rencontre avec lui en 1994, à Kaysersberg, pour préparer l’émission. Il me raconta alors que durant son enfance turbulente à Sausheim, il rêvait d’être acrobate.

L’émission fut diffusée le 24 avril 1994 © Ina.fr

Sa gloire soudaine dans le cyclisme, l’emporta dans le tourbillon de la grande vie parisienne. Il revint fauché en Alsace, travaillant d’abord dans un magasin d’articles de pêche à Colmar avant de s’installer à Kaysersberg, face à la maison natale d’Albert Schweitzer où il ouvrit un restaurant avec Rolande Willm,   “Miss Alsace-Lorraine”  qu’il épousa en 1958.  On voit d’ailleurs dans les archives que j’ai retenues pour l’émission, son mariage et d’autres prises de vues avec son épouse à laquelle il était très attaché  et qui est décédée il y a une dizaine d’années.

Après quelques revers cruelsdu destin, il avait, en 1994,  trouvé sa sérénité, s’adonnant passionnément en ce temps-là à la chasse, évoluant toujours  avec décontraction et panache dans la vie.

Lors de son mariage avec Rolande en 1958, la haie d’honneur était composée de cyclistes qui tenaient haut des roues de vélo. © Ina.fr

Je me souviens que, pour montrer aux téléspectateurs un concentré de ses victoires, j’ai visionné des kilomètres d’archives pour n’en retenir que de courts extraits que l’on voit dans cette émission.

En 26 minutes, il fallait aussi montrer la confection de son dessert favori, la tarte à la rhubarbe, de Rhàbàrberküecha, qui lui rappelait celle que faisait sa maman.

Christophe Meyer, le maître pâtissier, qui fut mon complice dans l’émission,  très sportif, écoute avec ravissement les narrations du champion alsacien, tout en lui préparant  son dessert favori © Ina.fr

En ce temps-là, j’avais aussi lu son itinéraire de cycliste tracé par le journaliste sportif Jean-Paul Ollivier dans le livre Hassenforder le Magnifique (Editions La Nuée Bleue).

Cet attachant trublion a connu une fracture du col du fémur.  Il a fêté le 23 juillet 2020 son 90e anniversaire avec sa fille Olivia dans un restaurant de Ribeauvillé.

Christian Daniel, le journaliste de France 3 Alsace à l’accent nîmois, que les téléspectateurs d’Alsace adoraient pour sa passion du sport mais aussi pour sa passion de la chanson française (souvenez-vous de l’émission « Pour le plaisir »), revoyait de temps à autre notre champion pour partager un repas avec lui. Il va bien, m’avait dit Christian il y a un ans.

De savoir Christian comme Roger en  forme m’avait alors fait chaud au coeur.

Bon voyage, Roger, pour cet ultime criterium.

Pour visionner l’émission Zuckersiess, cliquez simplement sur l’image

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Simone Morgenthaler © 2015

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