Le journal de ce 14 novembre 2025 m’informe que de somptueuses aurores boréales ont été observées dans la nuit de mercredi à jeudi, qu’elles étaient visibles en Angleterre, en France et jusqu’aux États-Unis. Je n’ai pu m’empêcher de penser à Frantisek Zvardon qui était un passionné des aurores boréales auxquelles il avait consacré un film et qui est précisément mort un 12 novembre, il y a un an, en 2024. Ce photographe d’exception, infatigable arpenteur de la planète, qui a tant réjoui nos regards, est mort précisément au temps de ces éruptions solaires qui créent ces tempêtes géomagnétiques. Je pense à lui avec un serrement au coeur car l’absence de Frantisek, avec sa fougue, son exigence et sa bienveillance, créé un manque.
Je vous propose son visage photographié par Michèle Grosjean, sa compagne. Il y porte son sourire qui était souvent émaillé de doutes, car qui veut tendre à la perfection sait combien le chemin est semé d’écueils.

Sa Page Facebook , avec laquelle il nous réjouissait au quotidien avec ses photos, est toujours active et on peut y lire ce dernier message signé de Michèle sa compagne, de Marie, d’Estelle et des enfants de Frantisek :
Le mardi 12 novembre 2024 au soir, le sol s’est effondré sous nos pieds. Notre protecteur, notre guide, notre enfant espiègle, nous a quitté.
Notre lucarne ouverte sur le monde s’est refermée il y a un an, au Texas, lorsqu’il a dû rentrer suite à d’intenses douleurs. Depuis, la maladie avait rendu le temps si long, si pesant. Entre espoirs et déceptions, nous avons vécu au rythme de ses souffrances et de ses combats, mais jamais son courage ne l’a abandonné.
František a pu compter sur le soutien indéfectible de Michèle et de Marie, et sur une équipe d’infirmières extraordinaires, Gaëlle, Peggy. Nous avons noué de véritables liens. Des liens si forts qu’un simple échange intense et sincère de regards emplis de larmes exprimait toute la gravité et la compassion nécessaires pour tenir jusqu’au lendemain. Tenir…
František, maître de la lumière et du contraste, passionné depuis toujours par le noir et blanc si graphique et puissant, nous a offert la couleur d’une richesse inouïe tout au long de sa carrière. Lors de nos repas en famille, il parlait souvent de son envie d’exposer en noir et blanc. Enfin, en juin dernier, il s’est lancé dans cette aventure avec l’équipe d’Apollonia.
Il préparait cette exposition avec passion. Ce projet, au fil des rendez-vous, l’a accompagné alors que sa condition se dégradait : de la marche difficile, il est passé au fauteuil roulant, puis au lit médicalisé. Une épreuve terrible pour cet homme de force et de mouvement, ce globe-trotter infatigable capable d’affronter le froid polaire de la plage de Diamants islandaise, de parcourir l’Altiplano à 4 885 mètres d’altitude, ou toujours impatient de retrouver sa gastronomie alsacienne…
Il attendait le vernissage avec grande impatience. Le 8 novembre dernier, son objectif était atteint. Il fut extrêmement touché et ému de l’accueil enthousiaste du public.
František savait capturer l’essence même de la beauté : le contraste brut d’une roche luisante, la texture granuleuse d’une peinture sur une peau, ou encore la composition graphique d’un détail délicat. Ce regard singulier était son don. Son objectif, toujours, était d’être témoin, de partager et de figer l’éphémère.
Prenez le temps d’observer.
Prenez le temps de voir vraiment.
Et envoyez-lui, de cœur à cœur, vos plus beaux clichés.
Prenez soin de vous.
Avec toute notre amitié, nous vous remercions pour vos années de fidélité. Vos mots. Votre soutien.
Vos façons de continuer à le faire vivre. Grâce à vous, František sera toujours présent.
Michèle, Marie, Estelle, et ses enfants

Lisez


