La poétesse Marguerite Gable-Senné aurait 100 ans

La poétesse de Guebwiller, Marguerite Gable-Senné s’en est allée en juillet 2017, à l’âge de 98 ans.

Ce 8 novembre 2019 elle fêterait son 100e anniversaire.

A cette occasion, le poète Claude Diringer, qui entretint une belle amitié avec Marguerite, organisera un hommage le 8 novembre 2019 à 18 h à la médiathèque de Guebwiller, avec le soutien du Cercle Emile Storck que préside son ami Jean Paul Sorg.

Marguerite Gable-Senné tenant son roman « Philomé ou l’Arbre de vie » © Bernard Fruhinsholz, le photographe du Journal L’Alsace qui était aussi le voisin de Marguerite

Cet hommage verra la participation de Nathalie B. qui fut amie avec Marguerite et offrira les respirations musicales, ainsi que d’actrices du Théâtre Alsacien de Guebwiller qui liront des poèmes de Marguerite, et de Jean-Paul Sorg qui présentera son œuvre romanesque.

L’hommage est organisé en partenariat avec la Société des Ecrivains d’Alsace, de Lorraine et du Territoire de Belfort, du Cercle Culturel Nathan Katz et celle du Théâtre Alsacien de Guebwiller.

Lorsque je pense à Marguerite, je pense à son sourire bienveillant, sa blondeur, sa joyeuseté, sa voix typée qui roulait les « r ».

Cette femme de lettres et de convictions, personnalité emblématique du monde de l’éducation et de la culture, fut conseillère pédagogique et elle était titulaire des Palmes académiques.

Je l’ai rencontrée dans les années 90 lors des réunions de la Société des Ecrivains d »Alsace, de Lorraine et du Territoire de Belfort (la SEAL).

Portée par un souffle poétique puissant et presque permanent, Marguerite Gable-Senné est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages: romans, nouvelles, contes pour enfants et poèmes.

Elle avait la passion de la nature et des arbres.

En 2000, alors que je préparais une émission télévisée de la série Sür un Siess avec elle, elle me disait ceci : Les racines d’un arbre sont l’équivalent de notre enracinement personnel, son feuillage représente pour moi nos pensées, nos émotions, l’ expression de notre équilibre, mais la chose qui me fascine le plus, c’est que l’arbre rayonne au-delà de son entité.

Elle aimait aussi l’eau et, pour cette raison, adorait le Sundgau et le Ried. Elle marchait alors, en 2000, cinq kilomètres par jour, autour de Guebwiller, avec son colley.

Elle a grandi à Cernay mais venait souvent à Guebwiller chez sa grand-mère. Nous étions quatre filles. Dans ma jeunesse, je me sentais libre comme l’oiseau, “frei wie e Vejele”, je courais seule dans la nature, j’allais au Hartmannswillerkopf, je découvrais de nouveaux sentiers.

Philomé ou l’Arbre de vie, dont on aperçoit ici un fragment de la couverture, réédité en 2017 chez J.D.Reber, était le premier roman de Marguerite Gable-Senné.

Sa maison d’alors était perchée sur les hauteurs de Guebwiller et bruissait de vie : ses enfants et les petits enfants étaient souvent chez elle, avec eux elle faisait de la musique et des gâteaux.

Elle a toujours écrit mais elle ne s’est réellement mise à l’ écriture qu’à sa retraite. Dans les années 80, peu de femmes écrivaient en Alsace, disait-elle. Mon premier livre “Philomé ou l’arbre de vie” est sorti en 1982 en même temps que le roman de Christiane Roederer “Elsa Mann”. J’y raconte l’histoire de mon arrière-grand-mère sundgauvienne. Je passais mes vacances dans le Sundgau. J’en garde des souvenirs extraordinaires.

Marguerite avait le goût des beaux livres, des livres rares et de ceux sur les peintres. Car elle aimait aussi peindre et donnait parfois des conférences sur Monet, Manet, Van Gogh, Goya, Breughel, mais aussi sur les pays qu’elle a souvent visités : l’Irlande, l’Andalousie, l’Espagne ou Madagascar.

Elle avait également une passion pour les cloîtres et se rendait souvent à Murbach chez son amie Angèle Holterbach qui cultivait le jardin d’herbes médiéval à côté du presbytère de l’abbaye.

Une déesse de Sagesse s’est métamorphosée en Arbre.

Cette phrase de Marguerite Gable Senné est extraite de son recueil « Le temps funambule ».

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