Francis Staub fut le 1er à féliciter Bill Clinton pour sa réélection

Il y a 20 ans, Francis Staub, le créateur heureux de l’entreprise de cocottes en fonte Staub à Turckheim, fut  le premier à féliciter Bill Clinton pour sa victoire aux élections présidentielles. Comment ? Il avait acheté une page dans le journal Libé  sur laquelle figurait une cocotte Staub avec le slogan suivant :

« Juillet 96 : nous envoyons une cocotte à la Maison Blanche…. Novembre 96 : Bill Clinton est réélu».

Cette page dans le journal  Libé était en cours d’impression alors que le résultat de l’élection n’ était pas tombé. Il y avait une chance sur deux que ce soit Bill Clinton. L’ impact fut prégnant.

Si George Bush avait été élu, l’effet Staub eut été anéanti.

J’aime le sens inné de la communication de Francis Staub, gentilhomme venu d’un autre temps et très avant-gardiste,  un chevalier des temps modernes. Il avait envoyé une cocotte en fonte de sa fabrication à la Maison Blanche en juillet 1996. Bill Clinton lui avait répondu ceci  :

« Dear Mr Staub,

Thank you for your kind words and your thoughtful gift.

We appreciate you remembering us in this special way, and we are very grateful for your support.

Bill Clinton

Voici la traduction :

Cher Monsieur Staub,

Merci pour vos mots aimables et votre cadeau plein d’attentions.

Nous apprécions que vous nous rappeliez à votre souvenir d’une manière si spéciale, et nous vous sommes très reconnaissants pour votre soutien.
Bill Clinton

A cette époque-là, en 1996, Francis Staub avait déjà réussi une ouverture Outre-Atlantique pour ses cocottes.  La “bande des Alsaciens des USA ” d’alors (Jean-Yves Schillinger et Jean-Georges Vongerichten à New York,  Jean Joho à Chicago,  Hubert Keller à San Francisco) était équipée avec les cocottes Staub. Je m’appuie en fait sur la diaspora alsacienne, disait alors le sémillant Francis Staub, qui était alors sur le point d’ouvrir un bureau à New York pour amplifier la diffusion des cocottes en fonte.

Francis Staub  est un créateur qui a le commerce dans les gènes. A cela s’ajoute un savoir de communicant hors-pair et une joyeuseté qui lui donne la faculté de rendre la vie ludique. Ses parents tenaient un magasin de vaisselle à Colmar. Deuxième de cinq enfants, il monte à Paris, y exerce une foule de métiers dont celui de professeur de français et de comédien. Il s’inscrit à l’Idhec (l’Institut des hautes études cinématographiques) aujourd’hui nommé la Fémis et il lui est resté de cet enseignement une passion du cinéma et une aptitude à saisir la vie à la volée, à réfléchir à la vitesse de 52 images secondes et à sentir, comme en des clips au montage hyper-serré, les besoins et les envies des gens.

Ce patron qui n’a jamais licencié ni délocalisé, qui aime les risques, serait un excellent personnage de BD. Mais il déteste être photographié alors qu’il est bel homme. Pour ne pas subir ses ires, je n’exposerai donc pas ici la photo que j’eus tant de mal à obtenir de lui.

Chapeau Monsieur Staub ! En partant de la petite boutique de son père, il a créé 650 emplois, entre 1974 où il a fondé la société Staub à Turckheim et 2008 où il l’a revendue. Entre ces deux dates, il a racheté la Céramique culinaire de France  à Soufflenheim, l’émaillerie Nomar à Saint-Etienne et les fonderies franco-belge à Merville.

Et depuis 2008, date à laquelle il a revendu l’usine Staub au groupe allemand d’ustensiles haut de gamme Zwilling ?  Il fomente des projets à la seconde et en applique certains. L’un des plus réussis est la création avec Antoine Westermann du Coq Rico à New York au 30 East de la 20e rue. Antoine Westermann avait créé  le premier restaurant Coq Rico à Paris rue Lepic. Ce joli et savoureux concept est bâti autour de la volaille de qualité. A New York, le modèle du petit restaurant parisien est  décuplé en taille. Et le lieu ne désemplit pas.

Bravo les Alsaciens : vous portez loin et haut les couleurs de notre région !

Mir sin stolz uf Eich !un wüensche Eich numme  ‘s Beschte !

Only the very best !

Episode en partie narré, avec bien d’autres,  dans mon livre  Un été en Californie (La nuée Bleue) 

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Simone Morgenthaler © 2015

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