Souci séché

Dans la grisaille de ce jour de novembre où les jours rapetissent, ce souci séché m’apporte une bouffée salutaire de lumière et de couleur. Je suis contente de lui avoir prolongé la vie en le laissant sécher. Si je l’avais laissé dans le jardin, il ressemblerait à une masse informe et ébouillantée.

En terme savant, il s’appelle « calendula » qui vient de « calendae », qui signifie « le premier jour de chaque mois », parce que le souci fleurit pendant de long mois. Pour cette raison, on l’appelle parfois « fleur de tous les mois ».

Maman l’appelait « Ringelblüem », c’est-à-dire « la fleur à anneaux ». L’anneau (« Ringel ») mentionné dans cette dénomination alsacienne fait mention au cercle que forme les graines à la place de la fleur lorsque la floraison est achevée.

L’orangé lumineux du souci est dû au bétacarotène, que l’organisme transforme en vitamine A, si essentielle pour la vision, la peau et la croissance. Pour cette raison, il est important d’en consommer en hiver.

Séchez ses pétales et parsemez-en dans la saison froide toutes sortes de mets qu’ils illumineront de leur couleur vive : salade, soupes, légumes, viandes, pâtes à pain, cakes et entremets. Les pétales pulvérisés servent à colorer les plats, exactement comme le safran.

En fixant cette fleur si légère dans ma main, je me suis souvenue que Maman la considérait comme un baromètre : si le souci se ferme tôt dans l’après-midi, il fera beau le lendemain, disait-elle. S’il ne s’ouvre pas le matin, il va pleuvoir.

A vos postes d’observation lorsque la belle saison sera revenue !

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Simone Morgenthaler © 2015

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