Les crocus s’invitent entre les iris, en silence, par surprise

Crocus jaillis entre les iris en silence, par surprise © S.Morgenthaler

Quel que soit l’état du monde, du bonheur ou du malheur de l’humanité, la nature poursuite son avancée, immuable, ponctuelle, rassurante : quoi qu’il advienne, elle applique son programme.

Dans mon jardin, les iris ont fait sortir de leurs rhizomes leurs feuilles pointues, douces au toucher. Dans un peu plus de deux mois, ils fleuriront et diffuseront leur parfum poudré.

J’ai transplanté ces rhizomes à l’automne, peu sûre de les voir repousser (les iris aiment être transplantés en plein été).

La surprise fut que dans la terre déplacée se trouvaient des bulbes de crocus qui affichent leurs pétales mauves. Ils font de « l’ingérence », une ingérence bienvenue, sans agressivité et sans cris.

La nature est un étonnant paysagiste, qui réussit les meilleurs accords sans qu’on lui demande quoi que ce soit.

J’ai apprécié cette surprise du jour, évasion bienvenue en cette actualité plombée par l’invasion de l’Ukraine.

Je vis dans un pays en paix. Je sais que dans les pays en guerre, la nature poursuit aussi immuablement son oeuvre, ne se laissant pas déranger par le bruit des obus, ni par les pleurs et les cris des victimes.

La nature a ses avancées, programmées en elle, et elle ne sait pas consoler les âmes et les corps meurtris.

Parfois sa beauté sait adoucir le regard, comme une brève trêve et une source d’espérance.


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