Une série en synergie avec « Rund Um »

Pour cette nouvelle série, il était essentiel pour moi de prendre des invités de tous domaines, pouvant être agriculteur comme universitaire, artisan comme prêtre. Je souhaitais que chaque semaine nous allions vers une autre région, un autre métier et un autre accent. Il fallait que l’émission fasse fleurir tous les accents de ma langue maternelle. Je voulais qu’un reportage sur l’invité figure dans l’émission car rien n’est plus salutaire que l’apport d’images, rien n’est plus triste à la télévision que de faire de la « radio filmée ». Seulement voilà : le reportage revient cher. Il suppose deux jours et demi de travail pour deux personnes, pour obtenir au final 3 minutes. Et il fallait fonctionner à l’économie.

C’est sous cette pression que me vint l’idée de créer une synergie avec la rédaction Rund Um. Cette synergie entre Sür un siess et Rund Um revêtait un caractère d’exception. Elle était à France 3 Alsace l’unique exemple d’un travail fait main dans la main entre le service production et la rédaction. Pour comprendre, il importe de préciser que France 3 Alsace était scindée en deux services : le Bar (Bureau Artistique Régional) au sein duquel sont faites les émissions de divertissement et le BRI (Bureau Régional d’Information) composé de journalistes et de JRI (des journalistes reporters d’images, c’est-à-dire ceux qui tiennent la caméra) qui travaillent pour l’ actualité (aussi bien pour le JT que pour Rund Um).

J’ ai fait part de mon idée à José Meidinger, alors rédacteur en chef de Rund Um (après avoir été le producteur-présentateur de « Cilaos », la série sur les Alsaciens d’ ailleurs). Je lui proposais mon idée : je trouvais les invités, je préparais le reportage en rédigeant, après ma rencontre avec l’invité, un dossier détaillé. Le tournage du portrait, assuré par un tandem de Rund Um, alimenterait en premier le créneau de Rund Um puisque le reportage passerait d’abord dans Rund Um le jeudi soir et il serait rediffusé le samedi dans mon émission.

José Meidinger eut l’ouverture d’esprit et la souplesse d’accepter ce défi, permettant ainsi cette collaboration entre l’ information et la production. La mise en place ne fut certes pas aisée. Elle connut en son rouage quelques grains de sable mais elle prouva son efficacité durant les 13 ans de la série «Sür un siess».

Lorsque mes dossiers étaient déposés, leur répartition était faite en conférence de rédaction selon le souhait des uns et des autres. Chaque journaliste avait son style et c’est la diversité des styles qui faisait aussi le charme de cet échange. Cathy Huber, Catherine Munch, Claudia Leiterer, Judith Jung, Sabine Pfeiffer et Pierre Breiner se répartissaient les sujets. Francis Baerst, rédacteur en chef de Rund Um à partir de 2001 prit aussi certains reportages en charge, comme le faisait son prédécesseur, José Meidinger. Des pigistes comme Christian Laemmel, Pascal Riedinger et Félicien Muffler signèrent l’un ou l’autre reportage. Yvonne Roehrig et Régine Wilhem réalisèrent quelques-uns des portraits d’invités, avec leur accent si typé du nord de l’ Alsace, jusqu’au moment où elles optèrent pour le Journal Télévisé.

Je ne voudrais pas oublier Monique Seemann qui, jusqu’en 2001 , avant qu’elle ne glisse vers la rédaction du Journal Télévisé et vers la coordination de l’émission Alsace-Matin présentée par Astride Servent, participa à cette aventure Sür un siess en laissant son empreinte sensible sur des reportages menés avec justesse et finesse.

Avec l’équipe du car numérique, ici en mai 2002, nous étions plus de 20 personnes pour enregistrer l’émission. L’invité, à ma droite, était le photographe de Neuf-Brisach, Antoine Linder.

– sur l’émission « Sür un siess » dans le livre « Ces années-là… Mes souvenirs radio-télé » (La Nuée Bleue)

– sur «l’affaire Sür un siess» dans le livre « Adieu Sür un siess ? » (Le Verger Editeur).

– en cliquant sur ce lien de www.lapetition.be lancée par Isabelle Baumann sur le site La petition.be

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Simone Morgenthaler © 2015

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